Pendant que la Neige fond en Alaska, les ventes de SUV chauffent !

19,4 degrés un 30 décembre. Non il ne s’agit pas de la température d’un coin de France, et si tel était le cas cela serait déjà anormal. Cette température printanière nous provient d’un coin reculé d’Alaska, la communauté insulaire de Kodiak. Avec une superficie de 8 975 km2 pour une longueur de 160 km, la plus grande île de l’Alaska vient de connaitre un record de température pour un mois de décembre. Aux longues étendues neigeuses et au froid glacial habituellement présent se sont substitués un soleil inédit mais aussi des pluies torrentielles qui ont entrainé la tempête la plus violente depuis 1937. Et dire que certains osent encore nier le réchauffement climatique. Sans doute estiment-ils qu’il est loin de nous. Mais que vont-ils penser de la Belgique alors ? Là aussi un record historique de température vient d’être battu avec 13,9 degrés le 30 décembre. Du jamais vu depuis 1925. Aux climato sceptiques, parlons de notre pays. 20,9 degrés à Nîmes, record de 1967 battu. 16,9 degrés observés à Perpignan, effaçant des tablettes le record de 1985.

Pas de quoi affoler ni les constructeurs automobiles, ni les consommateurs de voitures écocidaires. Vous savez, le fameux SUV, cette grosse machine qui pèse largement plus de 1200 kilos et qui est ultra polluante, aussi bien à l’usage qu’à la production. À peine sortie des chaines de l’usine, ce véhicule présente déjà un bilan carbone catastrophique. On parle de 720 kg de CO2 rejetés tous les 1000 euros dépensés. Et pour les émissions de CO2 propres à l’usage du SUV on atteint des taux allant de 110 à 120g/km. Déjà en 2019 le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dénonçait le fait que sur la période allant 2010 à 2018, les SUV représentaient la deuxième source d’augmentation des émissions de CO2 dans le monde, après le secteur de l’énergie. Pour mesurer de quoi on parle, il faut savoir que par rapport aux autres familles de voitures les SUV émettent entre 14 et 20 % de CO2 de plus !

Depuis 2019, la convention citoyenne a tenté de mener la bataille en proposant d’imposer un malus de 10 euros par kilo pour les véhicules dépassant les 1400 kilos. Rien de bien révolutionnaire, mais déjà trop pour le gouvernement d’Emmanuel Macron qui a fait passer le seuil de déclenchement du malus à 1800 kilos. Pourquoi 1800 et pas 1600 ou 1700 ? Il n’y a aucun hasard. Grâce à ce tour de passe passe, aucun des 20 modèles de SUV les plus vendus en France ne sera concerné par le malus. On peut penser que cela est anecdotique, et que les enjeux sont ailleurs. Pourtant ces choix politiques ont une influence mortifère sur l’avenir de la planète et sur notre santé publique. L’année 2021 vient de le montrer de la plus belle des manières. Comme l’a révélé le journal Les Échos dans son édition du lundi 27 décembre, les SUV ont représenté sur les dix premiers mois de l’année 42 % des ventes en Europe, et 47 % des ventes en Chine. En France nous sommes passés de 5% de part de marché en 2005 à 39% en 2021. Selon les derniers chiffres disponibles, cette part atteint désormais plus de 43% entre janvier et fin août 2021. Et en 2022 ? 50 modèles sont déjà attendus sur le marché. Merci Macron.

Que faire ? En urgence interdire « les messages publicitaires relatifs à des secteurs polluants » comme le demandait le groupe parlementaire de la France insoumise dans une proposition de loi déposée en septembre 2020. Ensuite, il faut interdire purement et simplement les SUV comme l’a proposé Sandrine Rousseau. Immédiatement ? Non. Car une fois de plus il faut accompagner le changement. D’abord de modèle de voiture, en fabriquant de nouvelles voitures familiales, moins énergivores, moins polluantes. Cela pose la question de notre stratégie industrielle en matière automobile, et d’un pilotage assumé par l’Etat. Nous avons un savoir-faire incroyable, avec des ingénieurs de grande qualité. Plutôt que de distribuer des milliards d’euros d’argent public dans cette filière sans exiger aucune contrepartie, il est temps de repenser les priorités pour les mettre au service de la planète et de l’humain. Enfin, il faut accompagner le changement des modes de vie pour sortir du tout voiture. Cela passe par un développement des services publics de transports, comme par une nouvelle politique d’aménagement du territoire qui rapproche les lieux d’habitation des lieux de travail, de scolarité et des commerces de proximité afin de ne pas multiplier les trajets inutiles.

C’est à ce prix que l’Alaska retrouvera son manteau neigeux, et que l’humanité sera sauvée. Mais pour cela, il faut se débarrasser de Macron dès 2022.

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