Les années passent, l’extrême droite continue de charrier ce qu’il y a de pire dans notre monde.

La sidération. Voilà le premier sentiment qui m’est venu jeudi à l’esprit quand le polémiste raciste Éric Zemmour s’en est pris aux communistes, nous accusant d’avoir sur les mains « le sang de millions d’innocents ». Je dis nous car même si je ne suis plus membre du parti, je suis profondément communiste. C’est mon ADN, ma formation. J’ai eu à ce moment-là une pensée pour mon grand-père, mineur à Carmaux, communiste, et mon papa, cheminot, communiste et syndicaliste qui ont toujours porté les valeurs de partage et de solidarité que le raciste Zemmour foule aux pieds. Une fois de plus nous mesurons la dangerosité de cet homme, qui se dit historien mais ne fait réécrire les faits en vertu de sa névrose vichyste. De Pétain à Papon en passant par la rafle du Vel d’hiv, Zemmour mène une opération de réhabilitation du régime de Vichy, un moment de l’histoire de notre pays où des femmes et des hommes se sont livrés à l’abomination de la collaboration, conduisant aux camps de la mort des dizaines milliers de femmes, enfants et hommes. Comment ne pas voir une filiation quand, 76 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, c’est un adorateur du régime nazi qui organise la venue de Zemmour à Nantes. Après « les détails de l’histoire » de Jean-Marie Le Pen, voilà qu’un des soutiens du candidat de la haine ose « les débordements dans les camps de concentration ». Les années passent, l’extrême droite continue de charrier ce qu’il a de pire dans notre monde.

« Le parti des fusillés », tel est le nom à jamais accolé au Parti communiste Français. Car il a, lourdement, payé son engagement dans la Résistance par le prix du sang. 76 ans après, nos camarades tombés au combat, dont nombre d’entre eux ont été arrêtés et assassinés après des dénonciations de collaborateurs, méritent mieux que ces propos indignes d’un homme condamné à plusieurs reprises par la justice de notre pays. En tant que cheminot j’ai eu, aussi, une pensée pour Pierre Semard secrétaire général de la Fédération des cheminots (CGT) et dirigeant du Parti communiste français, fusillé par les nazis en en 1942 à Évreux. N’oublions pas que le 10 août 1944, les cheminots lancent la grève insurrectionnelle. Elle sera effective, et irrésistible, le 18 août 1944, prémices de la libération de Paris le 25 août 1944. Pendant toutes mes années en Gare de Montauban, je suis passé chaque matin devant la plaque qui rendait hommage à un cheminot fusillé sur le quai de la gare pour avoir refusé de conduire un train avec des wagons de déportés. Plus encore que la sidération, c’est une profonde détermination qui m’anime au moment d’écrire ces mots. Combattre l’extrême droite est une urgence absolue au moment où la libération de la parole de haine s’accompagne d’agressions de plus en plus violentes comme on vient de le voir récemment à Albi.

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